La mobilité, enjeu du territoire

L’encombrement des infrastructures routières, combiné à une prise de conscience de la nécessité de réduire les émissions de polluants par le secteur des transports, ont conduit de nombreux territoires à engager une transition vers des transports et mobilités plus durables. D’après Grübler (2004), en France, à la fin du 20e siècle, une personne parcourait en moyenne 50 km par jour alors qu’en 1900 cette distance n’était que de 1 km. Cet accroissement de la mobilité engendre indéniablement une augmentation des émissions de CO2, en raison de l’utilisation presque exclusive de transports intensifs en carbone. En 2007, en France, les transports représentaient 34% des émissions de CO2, 93,6% de ces émissions étant du seul fait du transport routier (OCDE). La réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) passe donc nécessairement par un effort important dans ce secteur.

La mobilité : enjeu crucial pour la région HdF

Plaque tournante des marchandises européennes, la région est particulièrement soumise aux émissions polluantes avec plus de 14 épisodes de pollution de l’air recensés en 2019 (au 18/03). Ce constat a permis de lancer plusieurs grands projets d’envergure : Canal Seine Nord, Rev3, etc. Le cadre Rev3 a permis des expérimentations de terrain comme celle d’Avesnois Mobilité pour une mobilité orientée vers le retour à l’emploi à Fourmies. Les territoires péri-urbains comme la CCFL s’approprient également le sujet de la mobilité durable avec le déploiement d’une offre locale de location de vélos à assistance électrique.  Des aides au permis automobile ou des locations de voiture à 1€ figurent parmi les incitations proposées par la Région Hauts-de-France et doivent permettre de réduire les inégalités sociales liées à la mobilité. En effet, en France, un quart de la population a décliné une offre d’emploi ou de formation pour des raisons de mobilité (enquête Laboratoire de la Mobilité Inclusive, 2017). Sur la métropole lilloise, près de 100.000 personnes (10% de la population) sont considérées comme immobiles (enquête déplacement 2016 – MEL). La pratique individuelle de la voiture au quotidien représente un poids de taille sur les individus et de plus en plus de ménages sont touchés par une précarité énergétique (lorsqu’on dépense plus de 10% de ses revenus dans l’énergie) liée aux déplacements : des chercheurs du Laboratoire Ville Mobilité Transport démontraient en 2015 (Jouffe et al., 2015) que les frais liés au logement et à la voiture additionnée représentaient 43% du budget des ménages les plus pauvres – le premier quartile. Favoriser l’usage de modes alternatifs allègerait le poids économique de la mobilité et permettrait donc d’accéder à plus de services, loisirs, et à l’emploi.

Facteur de l’attractivité du territoire

La mobilité dans la métropole lilloise est un facteur clef de l’attractivité du territoire. L’augmentation du trafic impacte lourdement l’économie locale. Le baromètre 2018 de l’Inrix (http://inrix.com/scorecard/) estime à 114 heures le temps passé par les Lillois dans les embouteillages (soit une augmentation de 7% sur un an). Pour répondre à la problématique, le budget le plus conséquent de la Métropole Européenne de Lille (MEL) est dédié aux transports publics avec le renouvellement de la délégation de service public pour un montant de 2 milliards d’euros sur 7 ans. La MEL met également un accent tout particulier sur les modes doux : un plan vélo à plus de 30 millions d’euros avec notamment l’aménagement entre 2016 et 2020 de 100 kilomètres supplémentaires de pistes cyclables. Enfin, s’inspirant de Rotterdam, la MEL va prochainement lancer un projet de péage positif et incitatif appelé Ecobonus-mobilité. Les usagers circulant sur certains points de congestion du territoire seront rétribués s’ils évitent de prendre leur voiture aux heures de pointe. Ces engagements doivent permettre d’agir de façon globale et transversale sur la congestion avec un triple objectif : l’égalité des territoires, le développement économique de la métropole et le renforcement de son rayonnement et de son attractivité.

Des avancées

Des avancées sont en cours en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre, comme l’amélioration énergétique des véhicules, ou encore le report de la voiture individuelle vers des modes alternatifs tel que le covoiturage, le vélo ou les transports en commun. Mais malgré une hausse de l’utilisation des transports en commun pour les déplacements domicile-travail, l’utilisation de la voiture reste le mode le plus fréquemment utilisé pour 70 % des actifs de France métropolitaine (Ministère de la Transition écologique et solidaire, 2017). Depuis la Loi de Transition Énergétique pour la Croissance Verte, toute entreprise de plus de 100 salariés a l’obligation de mettre en place un plan de mobilité (PDM) encourageant son personnel à adopter des modes de transport alternatifs à la voiture individuelle. Pour porter ses fruits, le plan d’actions correspondant doit toutefois entrer dans une logique de conduite du changement, s’intéresser aux individus et leur donner envie de passer à l’acte. Dans le champ de l’économie comportementale, une attention particulière est donnée à l’application d’une politique dite de nudge, souvent complémentaire des autres politiques utilisées. Un nudge (‘coup de pouce’) est une forme de politique publique qui vise à modifier les comportements individuels sans passer par les incitations financières (taxe), ni par une obligation (norme), mais en fournissant une information aux individus leur permettant d’avoir le comportement recherché par les décideurs, publics comme privés. Il s’agit là d’une nouvelle piste pour accélérer les effets des actions du management de la mobilité.

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